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La storia di Amadeo Gordini (3)
par Guy le Dimanche, 24 janvier 2010 à 15:34


1935 a fini de convaincre Amédée que son avenir est dans la course automobile.
  C'est sans doute bien dommage pour les clients du garage de Suresnes mais tant mieux pour le sport automobile français.
  Ce choix déterminant va se concrétiser par la signature d'un premier contrat officiel avec un grand partenaire en devenir : SIMCA.
  Bien que l'année à venir s'annonce tumultueuse avec la montée en puissance des revendications ouvrières, Amédée va prouver son savoir faire et confirmer tous les espoirs mis en lui.




1936

Le premier contrat

  C'est dans le courant du mois de janvier qu'Amédée Gordini se rend dans les bureaux d'Henri-Théodore Pigozzi pour parapher ce qui sera le premier contrat officialisant son activité d'écurie de course.
  Mais attention, Amédée n'est pas payé pour courir. Il est surtout tenu de respecter un programme de compétition et d'engager au minimum deux voitures à chaque épreuve. Il doit également prendre en charge tous les frais et de plus participer à des opérations commerciales !
" A titre de compensation, il sera alloué à Monsieur Gordini par Simca, des primes proportionnelles aux résultats susceptibles d'être obtenus ..."
  Ainsi était libellé une des clauses du contrat, dans lequel on comprend vite qu'il n'y aura pas de salut sans des victoires régulières.


  Pendant ce temps les grèves se multiplient et le chômage fait des ravages. Malgré cela, le garage d'Amédée reste à l'abri de l'agitation ambiante. Il embauche même Gabriel Beausser, un carrossier au CV bien rempli qui vient d'être remercié par les chocolats Menier qui possédaient alors une écurie de course.
  Amédée et toute son équipe sont à l'ouvrage pour débuter la saison avec les meilleures armes possibles.
  La fidèle Balilla à la carrosserie en alu poli possède désormais un carénage inférieur. Le moteur de 995 cm3 développe 45 ch à 4800 tours/mn contre 30 ch de série.
  Le 24 Mai sonne le début de la saison avec la Coupe de Provence. Amédée au volant de sa voiture s'impose nettement dans la catégorie moins de 1100 cm3. Une grosse performance obtenue devant des voitures de course alors que la Balilla concoure en catégorie voiture de sport de série. Mais grâce à l'ingéniosité d'Amédée, cette Fiat Balilla est sûrement bien mieux préparée que la plupart des voitures de course.

31 Mai et 1er Juin - Le Bol d'Or à Saint Germain

  Le premier grand rendez-vous de la saison est le traditionnel Bol d'Or.
  Amédée en est le vainqueur sortant et cette fois ci toute la famille se déplace en force pour assurer l'assistance pendant la course. Conformément au contrat, Amédée présente une deuxième voiture piloté par Zanardi.
  Le principal adversaire pendant toute l'épreuve sera Philippe Maillard-Brune sur une M.G. appartenant à la catégorie "course". Les deux pilotes se livreront à un chassé croisé incessant au gré des fortunes de course.





  Mais à 10 heures du matin la Fiat Balilla prend la tête et ne la quittera plus jusqu'à l'arrivée. Une nouvelle fois Amédée impose sa Fiat de "sport" devant une voiture de "course". Le triomphe est complet puisque Zanardi prend la quatrième place et trois Fiat prennent les trois premières places dans la catégorie "sport".

Le Front Populaire

  Quelques jours après la victoire au Bol d'Or, le 7 juin 1936, les "Accords de Matignon" instituent les congés payés, la semaine de quarante heures et les conventions collectives. Plus rien ne sera jamais comme avant dans le monde du travail.


  Mais cette révolution sociale entraine l'annulation des 24 heures du Mans en raison des nombreuses grèves qui l'ont précédées. Cela ne fait pas les affaires des dirigeants de SIMCA qui pensaient surfer sur la vague des bons résultats d'Amédée et faire fructifier leur image de marque.

  Le programme de course en est tout chamboulé et Amédée court un bon nombre de courses locales ainsi qu'une autre plus exotique qui va l'emmener jusqu'à Alger.

  Pendant ce temps là, Amédée travaille toujours à l'amélioration de son bolide. Il remodèle la forme des ailes avant et fait pratiquer des ouïes d'aération dans la pointe arrière pour éviter la compression de l'air et gagner ainsi en vitesse de pointe.


11-12 Juillet - 24 heures de Spa-Francorchamps

  La saison reprend petit à petit son cours normal.
  Amédée se présente au Grand Prix de l'ACF à Montlhéry et remporte sa catégorie. Les caïds du moment que sont Jean-Pierre Wimille et Raymond Sommer s'imposent au volant du "tank", la Bugatti Type 57 G. Amédée profite de cette épreuve pour bader les stands de Bugatti et y grappiller quelques précieux enseignements pour l'avenir.

  Mais Monsieur Pigozzi veut absolument, suite à l'annulation des 24 heures du Mans, prouver la robustesse de ses Fiat dans une épreuve d'endurance internationale. Ce sera les 24 heures de Spa-Francorchamps.

  Amédée présente trois voitures dont la sienne est peinte en bleu (hé hé ...). Mais surtout elle est dotée d'une culasse aluminium avec soupapes en tête sortie directement des usines Fiat de Turin. Ainsi équipé le moteur gagne encore 10 ch pour atteindre 55 ch à 4800 tours/mn.


Trente cinq voitures sont au départ. La course va se dérouler sans problème important pour Amédée et il se classera 14ème au général sur dix huit rescapés, mais surtout il remporte la catégorie des 1100 cm3. Cerise sur le gâteau les trois voitures sont à l'arrivée et au trois premières de leur catégorie. C'est un succès total qui confirme la qualité du travail d'Amédée et de toute son équipe.

Amédée à l'école des sorciers ...

  En ce mois d'août les yeux du monde sont dirigés vers Berlin où se déroulent les Jeux Olympiques d'été.

  Pendant ce temps Amédée laisse libre cours à ses idées d'amélioration de sa voiture. Tout y passe : le moteur mais surtout l'aéro.

  La voiture est désossée. Le chassis est renforcé, la radiateur changé et reculé, un radiateur d'huile est rajouté, des freins et des moyeux spéciaux sont montés, les rapports de boîtes évoluent aussi. Le tout est enrobé dans une carrosserie charpentée en bois et constituée d'aluminium bien sûr : dessous caréné, arrière fuselé, place du passager recouverte, garde-boue de moto, tubes d'échappement à l'extérieur droit.

  La Fiat Ballila s'est métamorphosée en bête de course.
  Amédée enfile les victoires comme des perles : 1er Coupe d'Argent à Monthléry, 1er Grand Prix de France du Moto-Club de France (voir photo ci-dessus), 1er Coupe d'Automne des Indépendants.

Les premiers moments de gloire

  Lors du traditionnel Salon de l'Auto de Paris, Fiat met à l'honneur les exploits d'Amédée Gordini en exposant la Fiat Ballila bleue auréolée de ses 21 victoires.




  Une des clauses du contrat reste encore à réaliser. Amédée devait préparer une Simca 5 pour battre le record du monde de distance sur 48 heures. La saison ayant été perturbée par les évènements politiques cette tentative n'a pu avoir lieu.
  La Simca 5 est plus connue sous le nom de "Topolino". Là aussi la transformation est spectaculaire. De la petite "Topolino", Amédée en fait une monoplace avec tous les ingrédients d'une voiture de course : légèreté et préparation du moteur aux petits oignons.
  Les relations entre Pigozzi et Gordini sont au beau fixe et le contrat est renouvelé pour la saison prochaine. 1937 se présente sous les meilleurs auspices.

  A suivre ...

Textes : Guy PAWLAK - Sources : GORDINI - Un sorcier, une équipe - Christian HUET - nostalguy@r8gordini.com



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